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La Sociobiologie

Définition

La sociobiologie tient une place à part dans le cadre des sciences humaines. A mi-chemin entre la biologie et la sociologie elle est une sorte de passerelle entre les sciences de la nature et les sciences humaines. Souvent elle constitue pour un homme de science de grand renom l' occasion de développer des vues originales sur l'organisation sociale. Elle pose aussi la question de savoir quelle continuité existe entre la nature et la culture, quelle légitimité il peut y avoir à décliner les observations faites dans le domaine de la nature sur le plan social.

La sociobiologie darwinienne

Darwin n'est pas seulement le théoricien de l'évolutionnisme en matière biologique, il a également appliqué certaines de ses vues à l'organisation sociale. Ici du reste il faut rendre justice à l'auteur de L'Origine des espèces : les vues racistes qui ont pu être déduites de la théorie darwinienne de la sélection naturelle n'ont jamais été partagées par son auteur.
Au contraire ce qu'affirme Darwin c'est que dans le cas de l'homme la loi de la sélection naturelle s'est niée elle-même en sélectionnant pour la survie de notre espèce les instincts de sociabilité au détriment des instincts de conservation purement individuels. Les sociétés humaines si elles sont un produit de l'évolution des différents groupes et des différentes espèces animales ne répondent pas au critère d'une lutte acharnée de tous contre tous mais au contraire au développement des instincts de sympathie et des sentiments de sociabilité les plus prononcés. Tout se passe comme si chaque société était le produit de la sélection naturelle mais au sens où la sélection naturelle se nie elle-même pour produire quelque chose de radicalement différent de ce qu'elle impose d'habitude.
Il ne faut donc pas confondre le point de vue de Darwin avec celui d'Herbert Spencer qui lui a utilisé la biologie darwinienne au plan social pour en faire une arme d'exclusion et de justification aussi bien du colonialisme que de la soit disante suprématie de la civilisation occidentale (en utilisant des arguments du type : " la nature sélectionne les plus aptes, les meilleurs éléments d'une espèce donnée, or la civilisation occidentale est la plus évoluée de celles qui ont été produites par l'espèce humaine, c'est donc que la civilisation occidentale est mieux adaptée et légitimée par nature à se faire obéir des autres civilisations).
Très dangereuse sur le plan politique la théorie du darwinisme social élaborée par Herbert Spencer a servi par exemple à justifier la ségrégation entre noirs et blancs aux Etats-Unis. Elle est strictement opposée à ce que Darwin pensait lui-même, à ce que l'on pourrait appeler son projet de " naturalisation des normes morales et des formes d'organisation sociale ".
Sur cette question de la déformation de la pensée de Darwin par Galton et Herbert Spencer, il est très intéressant de lire l'ouvrage de Patrick Tort Darwin et le darwinisme.

La sociologie vitaliste

Bergson est la grand représentant de ce qu'il convient d'appeler la sociologie vitaliste c'est-à-dire d'une théorie sociétale fondée non pas sur une compréhension matérialiste et évolutionniste de la biologie mais sur une conception vitaliste du phénomène du vivant. Dans Les Deux sources de la morale et de la religion, il expose en effet sa théorie sociologique sur fond de conception vitaliste des phénomènes naturels.
Pour lui les morales et les sociétés ouvertes sont celles qui s'inscrivent dans la continuité de l'élan vital, de la force divine et psychique qui se diffracte à travers les vivants. C'est en retrouvant le sens de cette puissance de vie que les saints et les grands hommes de religion parviennent à élaborer de grandes religions dynamiques qui portent l'homme vers d'autres horizons.
Ces formes d'organisations ouvertes Bergson les oppose à ce qui dans le vivant témoigne du mécanisme et du repli sur soi de l'espèce. S'il reconnaît la nécessité de mettre en place des codes sociaux statiques tels qu'on peut les observer parfois chez les groupes de fourmis, c'est dans la fondation d'une société ouverte à l'élan vital fondamental qu'il porte toutes ses espérances.
Seule une religion de l'amour et de la joie peut unir l'homme à Dieu et à l'élan vital en lui permettant de réaliser ce qu'il y a de moins mécanique et de plus vivant en lui.

La sociobiologie anti-autoritaire et anti-hiérarchique

Henri Laborit est l'auteur d'une conception biologico-sociale qui se démarque de celle de ses prédécesseurs illustres dans la mesure ou elle se présente comme hostile finalement à l'ordre social existant. Dans La Nouvelle grille Laborit explique que le système capitaliste et l'économie de marché reposent sur l'ordre et la gratification hiérarchique. C'est parce qu'il gratifie l'individu en lui trouvant une place à l'intérieur de la structure hiérarchique que celui-ci se soumet à l'autorité et entre dans le rang.
Fondée sur l'exploitation de l'homme par l'homme la société capitaliste renforce son pouvoir en faisant en sorte que l'individu intègre dans son système nerveux, le goût de la hiérarchie.
Elle fait en sorte pour cela de flatter sa recherche du plaisir en conditionnant la réalisation de celui-ci à l'acceptation de tous les degrés de la hiérarchie (plaisir ressenti à la flatterie du chef, plaisir à donner des ordres en tant que chef, plaisir à penser qu'un jour on pourra être chef).

Seule une société véritablement ouverte, fondée sur la diffusion de l'information savante et le refus de la hiérarchie liée au savoir professionnel peut espérer établir un équilibre naturel et faire disparaître les manifestations de perturbation du comportement (névroses, psychoses...).

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La sociologie positive







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