Républicanisme
et démocratie
Le Républicanisme
classique

La République est la forme de gouvernement où
" la chose publique est respectée " et où
les intérêts particuliers sont exclus du champ politique
(ou du moins sont censés l'être). En latin le mot
" res " signifie la chose et " publica " signifie
publique).
Le Républicanisme est la théorie selon laquelle
dans le corps social, la division entre les pouvoirs doit être
totalement assurée. Ainsi le pouvoir législatif
doit il être indépendant du pouvoir exécutif
et le pouvoir judiciaire également. Défendue
par Montesquieu dans son Esprit des lois, la thèse
républicaine trouve l'une de ses grandes figures dans la
personne du philosophe Emmanuel Kant.
Cette thèse qui assure que l'équilibre au niveau
des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire)
n'est possible que si ceux-ci sont séparés, est
résolument anti-monarchiste mais elle ne se confond pas
nécessairement avec l'idée de démocratie.
Pour un républicain, en effet, c'est la loi sorte d'entité
abstraite universelle qui est censée présider à
la gestion des rapports humains et sociaux (et non pas une personne
seule). Mais pour un Républicain également, le fondement
de la loi n'est pas nécessairement le peuple (conception
démocratique), il n'y a donc pas nécessairement
de confusion entre conception républicaine et démocrate.
L'exemple de la République romaine est à
cet égard éclairant : les citoyens romains étaient
des républicains. Ils souhaitaient préserver un
certain équilibre entre les pouvoirs et voulaient avant
toute chose être régis non par l'arbitraire d'une
personne (fut-elle l' empereur) mais par l'universalité
de la loi. Pour autant on ne peut dire de Rome que c'était
une démocratie.
Le Républicanisme aristocratique
La version
aristocratique du régime républicain est extrêmement
répandue. Elle représente la version élitiste
de la philosophie républicaine. Pour les philosophes qui
se réclament de cette option politique, la notion de
droit au mérite remplace la notion de droit du sang
(et en ce sens ces républicains ne sont pas des aristocrates).
Mais dans la mesure où ils considèrent que la république
doit être gouvernée par un nombre restreint de personnes
(parmi lesquelles figurent les meilleures de celles qui ont été
sélectionnées), il apparaît clairement que
leur vision s'apparente à une conception élitiste
et aristocratique de la politique.
Nombreux sont les hommes politiques qui à force de demeurer
dans les plus hautes sphères de la république finissent
par adopter une conception aristocratique de leur tâche
et de leur personne.
La parenté du républicanisme aristocratique
avec la conception technocratique du travail politique est
évidente surtout si l'on considère le point de vue
fondamentalement élitiste de ces deux écoles de
pensée. Pour l'une comme pour l'autre le travail politique
de gestion des affaires publiques est avant tout une affaire de
spécialiste
La conception
démocratique
La démocratie est le régime où le peuple
commande (en grec le terme " démos " signifie
le peuple et le terme " kratos " signifie la force).
On distingue deux grands types de conception du régime
démocratique :
1 la démocratie représentative et 2 la démocratie
directe. Dans un régime à démocratie directe
les citoyens votent toutes les lois et participent en " temps
réel " à la vie politique. Ils se rassemblent
sur la place publique et prennent ensemble les décisions
qui concernent l'avenir de leur cité, de leur ville , de
leur région
C'est ce type de régime que les
athéniens affectionnaient particulièrement puisqu'il
donnait un poids et une représentativité maximum
au vote de chaque citoyen. Dans une démocratie directe
les citoyens ont une capacité véritable de gestion
de leurs affaires, ils sont absolument et totalement concernés
par tout ce qui touche aux affaires de l'Etat.
Rousseau dans son Contrat social se fait le défenseur
de l'idée d'une démocratie directe : idée
que les républicains classiques qui se réclament
de sa pensée ne développent pas souvent ni ne cherchent
à mettre en uvre.
Dans un régime à démocratie représentative,
c'est bien le peuple qui possède la réalité
du pouvoir au sens où il en est le fondement. Mais contrairement
à l'autre forme de gouvernement démocratique, le
peuple se donne des représentants. Il ne vote pas directement
les lois ni ne juge directement les affaires judiciaires. Souvent
la démocratie représentative prend la forme d'une
république où l'équilibre des pouvoirs est
relativement respecté (même si la préséance
demeure souvent à l'exécutif).
La République française donne l'image type de la
démocratie représentative avec ce que cela comporte
comme dangers liés à la préséance
du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif, à
l'oubli des revendications des classes populaires mais aussi comme
avantages (surtout concernant la stabilité du régime).
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