3
Epistémologie de la physique
3-1
La définition

L'épistémologie
de la physique étudie avec précision les différentes
écoles qui se sont succédé du point de vue
de la conception des phénomènes naturels mais aussi
du point de vue de la méthode et de la logique propres
à cette science.
On distingue traditionnellement 6 grands types d'écoles
d'épistémologie de la physique
1-Matérialisme et mécanisme
: Les philosophes atomistes matérialistes et mécanistes
qui considèrent que la nature , la " physis "
en grec est composée d'une multiplicité d'éléments
(les atomes) et que les rapports entre les corps ne peuvent s'expliquer
qu'en terme de chocs et non en terme de formes substantielles
(opposition à la physique d'Aristote et à celle
des scolastiques).
2-L'hylémorphisme
: Les philosophes hylémorphistes
qui pensent comme Aristote que la nature est un
mélange, un composé de matière et de forme.
Pour eux le rouge d'une pierre est le produit de l'actualisation
de la forme rouge dans la matière de la pierre (et non
pas le produit de l'interaction entre la structure matérielle
de la lumière et celle de la pierre). Les philosophes scolastiques
(ex Saint Thomas) sont les grands défenseurs de cette théorie.
3-Le positivisme
: Les philosophes positivistes
rejettent dos à dos matérialistes, hylémorphistes
et mécanistes. Pour eux toutes ces positions sont métaphysiques,
elles ne signifient rien de concret ni de réel. La question
de savoir ce qu'est la structure de la nature ne leur semble donc
pas valide. La nature n'est compréhensible et descriptible
que comme ensemble de lois. Les philosophes positivistes considèrent
de plus que la science est le modèle même de toute
connaissance et qu'elle constitue la forme la plus achevée
du développement de l'esprit humain. Après l'âge
théologique et l'âge métaphysique, c'est l'âge
scientifique qui correspond au faîte de la pensée
qui doit advenir et permettre aux hommes d'organiser différemment
leurs rapports à l'intérieur de la société.
4-L'empirisme inductif : les
philosophes inductivistes qui sont traditionnellement empiristes
et admettent que le contenu du savoir incorporé dans
les théories de physique est issu de l'expérience.
Pour eux le raisonnement propre à la réflexion scientifique
est l'induction (à partir de l'observation de faits particuliers
on infère une proposition générale ou loi).
5-L'idéalisme déductif
: Les philosophes déductivistes qui sont traditionnellement
idéalistes et considèrent que le fondement véritable
de toute théorie de physique réside non pas dans
l'expérience (domaine de l'extériorité) mais
dans l'esprit humain (domaine de l'intériorité)
et dans les catégories qui se trouvent originellement en
lui. Au fondement de toute loi se trouve donc pour eux une
idée innée (innéisme) ou bien une catégorie
de l'entendement humain (idéalisme transcendantal).
6-L'empirisme logique et les autres
: A partir du xx ème siècle l'interrogation sur
les sciences physiques s'est déplacée et on a vu
s'opposer d'un côté les épistémologues
traditionnels de la connaissance (inductivistes logiques)
et de l'autre des épistémologues originaux proposant
de nouvelles théories de la science (ex : le falsificationnisme
de Karl Popper et les théories anarchistes de la connaissance
de Paul Feyerabend).
3-2-
Les différentes formes d 'épistémologie de
la physique
3-2-1
L'hylémorphisme
Développée
par Aristote l'hylémorphisme est l'une des théories
de physique qui aura eu la longévité la plus grande.
C'est elle en effet qui à partir du treizième ème
jusqu'au dix-septième siècle sera reconnue comme
étant la physique officielle. Elle était enseignée
dans les universités et les écoles (en latin "
scola " signifie l'école, d'où son nom de physique
scolastique) et était totalement incorporée au dogme
chrétien. C'est pourquoi aussi Galilée et
Descartes ont subi tant de pressions sur le plan politique
et ont eu maille à partir avec l'Eglise. En effet s'attaquer
à la physique hylémorphiste c'était de manière
indirecte s'en prendre à l'un des fondements de l'édifice
religieux et par conséquent remettre en cause l'ordre politique
lui-même.
L'hylémorphime
qui affirme que la nature est un composé de matière
et de forme aura été également l'une des
théories les plus critiquées aussi bien dans sa
version grecque (puisque c'est à cette théorie qu'Epicure
s'oppose) que dans sa version chrétienne (à laquelle
se seront opposés Descartes, Galilée, Hobbes..).
Loin d'être cependant ridicule et incohérente, cette
physique mérite que l'on s'y intéresse, elle permet
de mieux saisir en effet l'apport de la physique cartésienne.
De plus si l'on s'intéresse à Aristote la connaissance
de cette physique permet de faire le lien avec sa métaphysique
et de bien comprendre en quoi elle constitue un effort admirable
par rapport à la conception platonicienne de la nature.
Nous ne pouvons donc que conseiller de lire les pages concernant
l'hylémorphisme et Aristote dans la suite du texte.
3-2-2
Le Matérialisme
Développée
par Démocrite d'Abdère et Epicure de Samos,
la philosophie matérialiste est une conception entièrement
concrète et corporelle de tous les phénomènes
de la nature. Elle se présente à la fois comme une
philosophie de la physique ( il est intéressant de
ce point de vue de voir combien les vues d'Epicure ont pu être
confirmées par la science du xx ème siècle)
mais aussi comme un instrument de lutte contre la superstition
religieuse. En privilégiant l'idée qu'il est
possible d'expliquer tous les phénomènes naturels
à partir de nos sens et à partir des mouvements
entre les atomes (particules infiniment petites, insécables
et éternelles), Epicure a appris aux hommes à
ne plus craindre les dieux et les phénomènes naturels
(orage, tempête, séisme) ainsi que les mauvais
présages dont ils semblaient être le signe.
3-2-3
Le Mécanisme
C'est à
Descartes et à la physique des chocs dont
il a développé les bases dans ses Principes de
philosophie que l'on doit le modèle de construction
d'une physique entèrement mécaniste qui se propose
de ramener l'explication de tous les phénomènes
à de simples mouvements entre les corps et aux types de
rapports de causalité sur lesquels ils reposent.
Pour Descartes dans le domaine de l'étendue tous les événements
sont explicables en terme de " chocs " , de mouvements
entre les corps et il n'y a rien d'autre que cela qui puisse
en rendre raison.
S'il s'oppose
de ce point de vue aux penseurs hylémorphistes et aux physiciens
scolastiques qui voyaient des formes présentes partout
dans la nature, Descartes ne s'oppose pas moins aux auteurs matérialistes.
Pour lui en effet les atomes d'Epicure n'existent pas car la nature
à horreur du vide, elle est absolument pleine.
A l'explication
atomiste qui suppose l'existence de particules infiniment petites
séparées par des espaces vides, Descartes substitue
donc un mode d'explication mécaniste et tourbillonnaire
(pour lui la nature est composée de particules qui tourbillonnent
dans un fluide, une sorte d'éther et les corps ne bougent
que s'ils subissent des chocs).
3-2-4
Le Mécanisme matérialiste
Deux auteurs
représentent bien la synthèse entre matérialisme
et mécanisme, ce sont d'une part Hobbes philosophe
anglais du XVII ème siècle et La Mettrie
philosophe français du dix-huitième. Le premier
est plus connu pour les conceptions politiques qu'il a développées
en tant que théoricien du monarchisme, le second pour ses
théories liées au plaisir et à sa recherche
nécessaire.
Néanmoins on trouvera chez Hobbes, notamment dans son ouvrage
sur Les Eléments de la loi naturelle et politique
des analyses qui permettent de faire la synthèse entre
une conception cartésienne de la physique et une vision
entièrement matérielle de la nature (hostilité
à la notion d'âme, hostilité à la physique
scolastique, explication des phénomènes lumineux
en terme matériels
).
L'ouvrage de La Mettrie , L'Homme machine, constitue quant
à lui le modèle d'une conception entièrement
matérialiste et mécaniste de l'homme et de la nature.
L'idée de Dieu s'y trouve considérablement critiquée.
Ici et contrairement à Hobbes qui entend conserver l'idée
de Dieu pour des raisons de sécurité et d'ordre
en matière politique, le matérialisme se fait athée.
Il est intéressant de plus de voir comment La Mettrie dans
ses autres ouvrages relie sa conception matérialiste et
mécaniste à une éthique du plaisir qui n'est
pas sans rappeler celle d'Epicure.
3-2-5 L'inductivisme
et l'empirisme
C'est à
partir du dix-septième siècle en angleterre, que
la philosophie empirico-inductive prend son véritable essor.
Les grands noms de cette philosophie sont Francis Bacon(1561-1626),
père de la méthodologie expérimentale, JohnLocke
(1632-1704) qui est aussi sensualiste, Hume(1711-1776) qui développe
un empirisme sceptique et critique la notion d'induction, Mill
qui définit les quatre grandes formes du raisonnement inductif
dans les sciences et William Whewell qui propose une théorie
originale de l'induction, (sorte de synthèse entre l'idéalisme
et l'empirisme).
Bien que ces auteurs différent entre eux et que chacun
apporte sa pierre à l'édifice de pensée empirico-inductif,
on ne peut pas ne pas voir qu'ils se situent sur un même
continent de pensée.
L'adhésion de Newton (1642-1727) aux grandes thèses
inductivistes a donné un poids considérable à
cette philosophie et constitue le modèle même de
l'épistémologie de la physique classique. Néanmoins
l'apparition de nouvelles théories de physique au début
du XX ème siècle (Einstein et la relativité,
Heisenberg et la théorie des quanta) va considérablement
diminuer son potentiel explicatif.
3-2-6 L'idéalisme déductif
L'idéalisme
déductif peut être de deux types : il est soit innéiste
soit transcendantal. Dans le premier cas on aboutit à la
philosophie de Leibniz et à l'idée selon laquelle
l'ensemble des lois de la nature que nous découvrons, ne
sont pas le pur produit de l'observation ni de la sensation mais
d'une opération intellectuelle de ressouvenir (au cours
de laquelle nous ne faisons que développer ou " déplier
" des idées qui se trouvent de toute éternité
en nous). Cette conception pose le problème de savoir qui
a placé en nous toutes ces lois de physique et ces vérités
mathématiques : Leibniz répond à cet égard
et sans hésitation que c'est Dieu qui l'a voulu ainsi en
fonction du principe du meilleur qui veut que nous vivions dans
" le meilleur des mondes possibles ".
Dans le deuxième cas c'est à la philosophie de Kant
à laquelle on parvient et au fameux système de l'idéalisme
transcendantal.
Opposé aussi bien à l'idée de Hume selon
laquelle tout notre savoir provient de l'expérience (entendez
par là de l'influence des objets extérieurs sur
nos sens) qu'à celle de Leibniz selon laquelle le contenu
de notre savoir est de toute éternité contenu en
nous, Kant a émis l'idée que seule la forme des
catégories de notre savoir est présente dans notre
entendement en dehors de l'expérience mais que le contenu
de ces catégories ne peut être rempli que par l'expérience.
Il évite ainsi à la fois le dogmatisme leibnizien
qui tendait à rendre inné le contenu de notre savoir
théorique mais aussi le scepticisme humien qui rendait
le savoir incertain et détruisait l'idée de nécessité.
Pour Kant la nécessité de notre savoir réside
dans la forme de notre entendement et dans les catégories
qui le composent en tant qu'elles sont a priori (catégorie
de la substance, de la causalité, de l'action réciproque..).
Cette nécessité formelle rétroagit sur le
contenu objectif du savoir qui se trouve dès lors fondé
en certitude.
Ainsi la troisième loi de newton sur l'action réciproque
est originellement fondée sur la catégorie pure
a priori de la " communauté " mais son contenu
propre est conçu par Kant comme provenant bien entendu
de l'expérience, c'est à dire de l'observation des
phénomènes naturels. Empirisme et innéisme
se trouvent dès lors à la fois englobés et
dépassés par l'idéalisme transcendantal.
3-2-7 Le positivisme
La philosophie
positive des sciences se présente avant tout comme une
tentative de dépassement des philosophies précédentes
de la physique. Elle prétend rejeter aussi bien le matérialisme
que l'hylémorphisme, l'empirisme et l'idéalisme
dans l'abîme de la métaphysique et de ses idées
creuses. Fondée sur le développement des sciences
physiques au dix-neuvième siècle, elle trouve son
plus grand représentant dans la figure du philosophe français
Auguste Comte. A la question pourquoi " x " ou "
y " ?, le philosophe positiviste substitue la question comment
" x " ou " y " ? et y répond à
l'aide de lois mathématico-physiques(ce que faisait déjà
Newton). Pour lui le problème de la structure de la matière
ou de la nature n'a plus de sens, seul compte le fait que tous
les phénomènes puissent être exprimés
à l'aide de lois et que ces lois soient cohéremment
organisées dans le tout d'une théorie ou d'un système
physique.
3-2-8
L'empirisme logique
C'est autour
des membres du cercle de Vienne que s'est développée
au début du xx ème siècle une nouvelle conception
de l'épistémologie de la physique : l'empirisme
logique. Elle prend ses bases à la fois dans l'apparition
de la nouvelle logique des prédicats élaborée
par Frege et Russell ainsi que dans le développement de
la nouvelle physique ( en l'occurrence celle de la relativité).
Rudolf Carnap est le plus grand représentant de cette école
ainsi que son meilleur défendeur. Très hostile à
la métaphysique, il montre dans un ouvrage intitulé
La Métaphysique devant l'analyse logique du langage,
que les concepts de cette " fausse science " sont absolument
dénués de référent, qu'ils ne désignent
rien et que par conséquent ils n'ont pas de sens. Les idées
d'âme ou de Dieu se trouvent ainsi ravalées au rang
de simples " babu " (concept type qui symbolise tous
les mots qui ont une définition qui ne renvoie à
rien d'observable). Cette franche critique de la métaphysique,
comparable à celle du positivisme comtien, explique que
l'on ait parfois pu donner à l'empirisme logique le nom
de " positivisme logique ".
Persuadé de la validité du principe d'induction
qui veut que l'on puisse inférer une proposition générale
à partir de faits et de propositions particulières.
Il élabore dans son maître ouvrage La Construction
logique du monde, une théorie originale de la connaissance.
Il part de l'idée que le système du savoir repose
sur un petit nombre de faits d'expériences qui sont comme
des faits " atomiques " et que c'est à partir
de ces faits et de généralisations successives que
s'élaborent nos conceptions les plus universelles parmi
lesquelles on trouve les lois et les théories de physique.
Très en vogue au début du XX eme siècle cette
théorie a fait l'objet de critiques acerbes ce qui ne doit
pas vous empêcher de lire le grand ouvrage de philosophie
de la physique écrit par Carnap, Les Fondements philosophiques
de la physique qui est encore aujourd'hui une référence
incontournable en matière de philosophie des sciences.
3-2-9
Les nouvelles épistémologies de la physique
Le faillibilisme,
le paradigmatisme, l'épistémologie dialectique et
les théories anarchistes de la connaissance constituent
sans doute les formes les plus modernes de l'épistémologie
de la physique. Elles se situent toutes dans une perspective d'opposition
aux épistémologies précédentes.
a-le faillibilisme
de Karl Popper s'oppose notamment à l'idée
que la confirmation ou la vérification empirique puissent
être des critères valides de détermination
de la scientificité d'une loi ou d'une théorie.
Pour Popper une théorie n'est jamais absolument confirmée
ni vérifiée (contrairement à ce qu'affirme
Carnap), elle se contente de résister à toute une
série de tentatives de réfutations ou de falsifications.
Tant qu'elle leur résiste la théorie est conservée
mais dès lors qu'elle ne résiste plus à ces
tests de falsification, elle est abandonnée au profit d'une
autre théorie ( c'est ainsi que la physique de Newton est
remplacée par celle d'Einstein) qui sera elle même
soumise à des tests de réfutation etc..
La scientificité d'une théorie réside donc
dans sa capacité à pouvoir être réfutée
ou soumise à des tests de réfutation. Si tel n'est
pas le cas ce n'est pas une théorie scientifique au sens
fort du terme. C'est pourquoi du reste Popper considérait
comme non réfutables les théories psychologiques
et psychanalytiques de Freud et de Adler dans la mesure où
selon lui ces théories pouvaient toujours prétendre
ne pas avoir été réfutées. Cette dernière
assertion de Popper est du reste très discutable puisque
l'on voit bien que les psychologues n'hésitent pas à
se réfuter et que, de ce processus de réfutation,
ressort souvent un progrès dans la théorie elle
même.
b-La philosophie des paradigmes
développée par Khun dans son ouvrage intitulé
La structure des révolutions scientifiques, constitue
une tentative originale d'explication du passage d'une théorie
de physique à une autre. Pour Khun le cur d'une théorie
de physique réside avant tout dans quelques idées
essentielles qui constituent son cur rationnel et qui tant
qu'elles ne sont pas remises en question font le succès
d'une théorie (ex : l'idée d 'attraction universelle,
d'action réciproque, d'inertie, d'espaces absolus et relatifs,
de temps absolus et relatifs dans la physique de Newton). Dès
lors que le paradigme, c'est à dire l'ensemble de ces quelques
idées se trouve radicalement remis en question, on opte
alors pour une autre théorie qui possède un paradigme
différent (ex : les idées d'une vitesse de la lumière
invariante et indépassable, d'espaces et de temps exclusivement
relatifs dans la physique de la relativité).
Cette conception à l'intérêt de mettre le
doigt sur ce qui est essentiel dans une théorie de physique
et de rendre mieux compte que les philosophies inductives ou déductives
des différentes ruptures qui ont été opérées
dans les sciences de la nature au début du xx ème
siècle.
c-L'épistémologie
dialectique de
la physique trouve son plus grand représentant en la personne
de Gaston Bachelard. Pour ce grand philosophe des sciences la
logique qui sous tend le développement des sciences n'est
rien d'autre que la logique dialectique, c'est à dire une
logique de la contradiction et de la négation. Les théories
progressent en se niant, en se contredisant les unes à
la suite des autres. Ce processus de négation perpétuel
constitue le moteur du savoir et de la connaissance. C'est en
surmontant des obstacles épistémologiques que la
science progresse et c'est en adoptant une attitude de négation
qu'elle ouvre les portes vers un nouveau savoir (ex : la philosophie
des quanta qui vient contredire les principes de la logique classique
et ouvre la voie à une nouvelle forme de philosophie ,
plus ouverte et moinds dogmatique, la philosophie du non).
d-La
théorie anarchiste de la connaissance :
Dernière grande forme d'épistémologie de
la physique, la théorie anarchiste développée
par Paul Feyerabend, se veut résolument hostile à
l'idée de méthode. Faisant preuve de beaucoup de
rigueur dans sa démonstration, Feyerabend met en évidence
le fait que bon nombre d'avancées dans les sciences ont
été opérées à partir d'hypothèses
" ad hoc " c'est à dire d'hypothèses arbitraires,
non fondées rationnellement ni même méthodologiquement
et contredites par les observations les plus sures réalisées
à l'époque. Ce ne serait donc pas l'application
de la méthode scientifique telle qu'elle a pu être
codifiée par Mill, Claude Bernard ou Popper qui serait
à l'origine des grandes avancées scientifiques,
mais le hasard, le chaos " relatif " et la capacité
des hommes de science à sortir de la route toute tracée
par la méthode.
Feyerabend peut conclure son ouvrage par une proposition qui est
plus qu'un slogan et annonce tout un programme et une conception
des choses. En matière de progrès scientifique,
il n'y a aucune idée, aussi saugrenue soit-elle qui puisse-t-être
écartée :"tout est bon ".
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