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Le Monarchisme "scientifique"

La monarchie est le règne d'un seul (le mot est dérivé du grec " monos " qui signifie " un " et de " arkè " qui signifie commandement).
Quelques théoriciens ont tenté de fonder la doctrine monarchiste d'un point de vue scientifique en affirmant qu'elle représentait le meilleur des gouvernements possibles. Pour ces théoriciens toutes les autres formes de gouvernement à l'exception peut-être de l'aristocratie, sont défectueuses et dégénérées. C'est pourquoi on les voit grandement critiquer la démocratie, mais aussi l'oligarchie (sorte d'aristocratie vénale et corrompue) et la tyrannie (forme de monarchie dégénérée). Platon est sans nul doute le grand représentant de cette conception scientifique du monarchisme. Dans La République (attention le titre est trompeur car en grec "politéia" signifie "constitution" et non pas "république"), il affime en effet que la cité idéale ne sera réalisée que lorsque le roi sera philosophe et lorsque le philosophe sera roi. Fondamentalement cela signifie qu'il ne peut y avoir de stabilité et d'harmonie sur le plan social que si celui qui dirige la cité possède la science des Idées les plus hautes et notamment celle du Bien (ce qui dans la conception platonicienne doit lui permettre d'agir toujours en fonction du bien public) : ce rôle ne peut du reste être tenu que par celui qui est le plus apte à parvenir à ces Idées, c'est-à-dire au philosophe.
L'aspect utopique de l'hypothèse platonicienne apparaît clairement dès lors que l'on observe la réalité de la pratique du gouvernement royal. Néanmoins cette théorie a beaucoup influencé les philosophes des lumières qui au dix-huitième siècle se sont plu à croire dans la possibilité de dialoguer avec un " monarque éclairé " et de bien conduire ainsi la société (ex : les rapports de Voltaire avec Frédéric II de Prusse et de Diderot avec Catherine de Russie).

Le Monarchisme orthodoxe ou absolu

La théorie du monarchisme absolu proclame que tout le pouvoir politique doit être concentré entre les mains d'un homme seul : le roi. Cet homme censé symboliser à lui tout seul l'unité de la nation concentre entre ses mains l'ensemble des trois pouvoirs : 1 exécutif (fonctions de gouvernement et prise de décisions pratiques) 2 législatif (fonction d'élaboration et de vote des lois) 3 judiciaire (fonction de nomination des juges et d'arbitre entre les différents acteurs de la société).
Le philosophe anglais Hobbes est le grand représentant de cette conception absolutiste du pouvoir et de l'autorité royale. Dans Le Léviathan il montre que l'ordre et la sécurité dans une société ne peuvent être assurés que si les hommes acceptent d'aliéner leurs droits à une autorité supérieure qu'il nomme le Souverain (qui peut être aussi bien un homme qu'une assemblée). Autorité qui concentre entre ses mains la réalité des trois pouvoirs et qui gagne à n'être représentée que par une personne (le roi). Comparant la société à un gigantesque organisme, il appuie toute son argumentation sur le fait que le pouvoir doit être concentré à la tête, seule capable de coordonner tous les mouvements des autres organes qui composent le corps social. Sans quoi il faut nous attendre selon Hobbes à ce que règne l'état de nature et de guerre civile où "l' homme est un loup pour l'homme".
Représentée dans toute sa puissance par la figure de Louis XIV, la théorie du monarchisme absolu n'a pas survécu en France à la construction de la République et n'est plus aujourd'hui partagée que par des intellectuels vieillissants qui semblent vivre dans un autre monde.

Le Monarchisme Constitutionnel

Théorie de l'entre-deux, le monarchisme constitutionnel se présente comme une tentative de conciliation entre les exigences de représentation populaire et le désir du roi d'être toujours le maître. Sa volonté de consensus se manifeste surtout par le fait que désormais le peuple ou une partie du peuple a droit de regard sur les différentes actions du roi et possède la réalité du pouvoir en partage avec lui. Très en vogue à partir du dix-huitième et du dix-neuvième siècles, le monarchisme constitutionnel constitue la réponse de l'autorité royale aux exigences de la bourgeoisie montante ainsi qu'aux difficultés posées aussi bien par la révolution anglaise (XVII ème siècle) que par la révolution française (fin du XVIII ème siècle).
Hegel est au dix-neuvième siècle le défenseur assidu du monarchisme constitutionnel. Dans ses Principes de la philosophie du droit et conformément à sa conception synthétique et dialectique des choses, il se prononce en faveur d'un système mixte où les intérêts du peuple sont censés être aussi bien représentés que ceux de la nation symbolisée par le roi. Dans l'Etat conçu de manière hégelienne l'ordre et l'équilibre sont réalisés par la synthèse des contraires (mélange de démocratie et de monarchisme). Le roi se présente alors comme le garant de l'équilibre des pouvoirs et la personne qui représente le mieux les intérêts du peuple : il devient le symbole d'une autorité partagée.
L'Angleterre est le pays qui a longtemps été le modèle de référence des monarchistes constitutionnels : il semble bien aujourd'hui que dans ce pays même le consensus autour de la royauté ne soit plus de mise et peut être verra-t-on dans les années qui viennent disparaître l'un des derniers régimes issus de la féodalité.


Aristocratie

L'aristocratie est la forme de gouvernement où une petite caste issue de nobles familles domine le peuple (en grec le terme " aristos " désigne les meilleurs et le terme " kratos " signifie la force).
Considéré comme le meilleur régime dans la Grèce antique, le gouvernement aristocratique suppose qu'il ne faut pas qu'un seul homme commande mais que plusieurs hommes triés parmi les meilleurs éléments de la société dirigent tous les autres hommes. Profondément inégalitaire (tout comme la conception monarchiste), le régime aristocratique correspond totalement à l'époque du système médiéval et féodal avec sa hiérarchie de ducs, de barons, de comtes et autres suzerains.
Le début de sa décadence a été marqué en France par l'arrivée au pouvoir de Louis XIV qui a voulu mettre au pas tous les aristocrates en les inféodant au pouvoir royal et plus profondément par la Révolution française qui a signifié le remplacement de la classe aristocratique par la classe bourgeoise.
Aristote a été l'un des maîtres à penser de l'aristocratie. Dans sa Politique, il présente ce système comme le meilleur et se démarque par là de la conception de son maître Platon (favorable au monarchisme). Pour Aristote, en effet, l'aristocratie constitue un juste milieu entre les excés du royalisme et ceux de la démocratie. Elle est une sorte de point d'équilibre entre deux excès contraires (excès du pouvoir dans les mains d'un seul homme : monarchie, tyrannie et excès du pouvoir dans les mains d'un trop grand nombre d'hommes, démocratie).
Dans l'aristocratie, en effet, le pouvoir est concentré dans les mains de quelques hommes parmi les meilleurs, ce qui est censé assurer la stabilité de l'ordre social...

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