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L' Epistémologie de la Logique
1.1 Définition
La
logique est la science des différentes formes de la pensée
entendue au sens de forme de la réflexion rigoureuse et
droite.
L'épistémologie de la logique s'intéressera
donc aux différentes conceptions de la logique qui peuvent
être élaborées et essayera d'entrevoir
toutes les possibilités que chaque forme de pensée
offre du point de vue d'une théorie de la connaissance,
c'est à dire d'une théorie qui cherche à
comprendre quels sont les fondements de la connaissance comment
celle-ci se développe, quel est son objet et quelles sont
ses fins, ses objectifs ultimes.
1.2 Les
différents types de logique
Avant de rentrer
dans le détail des différentes conceptions de logique
qui ont pu être élaborées il faut comprendre
que deux grands types de logiques existent : les logiques "
statiques " ou analytiques qui ont un caractère
essentiellement formel et les logiques dynamiques qui essayent
de rendre compte du mouvement de la pensée mais aussi de
la mobilité du réel. Choisir une option logique
plutôt qu'une autre entraîne donc des conceptions
du monde très diverses et derrière l'apparence formelle
d'une théorie de logique se trouve toujours impliquées
toute une série de conséquences qu'il n'est sans
doute pas facile d'entrevoir mais qui ont une importance théorique
et pratique considérable. En ce sens on peut dire de celui
qui comprend le type de logique utilisé par un auteur qu'il
possède la totalité de son système de pensée.
1.2.1 La logique dialectique ou méthode de division
et rassemblement
Formalisée
par Platon la logique dialectique est la science des Idées
c'est à dire la science des formes intelligibles pures
qui composent le monde intelligible (ex : l'idée de
vrai de bien ou de beau). C'est en l'utilisant que le philosophe
doit parvenir à la saisie des essences. C'est elle qui
doit permettre de parvenir à la contempler des Idées
supérieures.
Comprise comme méthode de division et de rassemblement
(on divise ou on exclut les concepts inutiles pour rassembler
ceux qui vont servir à construire la définition
de l'idée à laquelle on veut parvenir) la logique
dialectique est l'instrument par excellence qu'utilise le philosophe
lorsqu'il veut parvenir à l'idée en progressant
de manière graduelle.
Très souvent exposée dans les dialogues où
Socrate est mis en scène et interroge ses adversaires et
ses compagnons, elle apparaît à bien des égards
comme le modèle même d'une logique de pensée
ouverte qui ne se borne pas à affirmer péremptoirement
mais qui cherche à avancer progressivement sur le chemin
qui mène à la Vérité.
Ainsi L'Etranger dans Le Politique ne commence pas la discussion
en affirmant connaître l'essence où l'idée
de ce qu'est la politique, il n'y parvient qu'au terme d'une série
d'interrogations qui lui ont permis d'exclure certaines notions
et d'en conserver d'autres qu'il rassemble pour parvenir à
l'idée de la politique.
1.2.2 La
logique classique ou logique syllogistique
Créée
par Aristote, disciple de Platon, la logique classique
ou logique des prédicats anciens se présente
comme une théorie de l'enchaînement juste des
propositions et comme une codification des règles auxquelles
la pensée ne peut faire défaut.
Le syllogisme défini comme forme de raisonnement composé
de trois termes (le petit terme, le grand terme et le moyen terme)
et de trois propositions liées entre elles de telle sorte
que les deux premières propositions impliquent nécessairement
la troisième, est la forme même du raisonnement scientifique
selon Aristote.
Le plus célèbre
exemple de syllogisme est sans nul doute celui qui met en scène
Socrate
Tous les hommes (moyen terme) sont mortels (grand terme) : majeure
Or Socrate(petit terme) est un homme (moyen terme) : mineure
Donc Socrate(petit terme) est mortel(grand terme) : conclusion
Fondée
sur le principe de non contradiction qui affirme que deux prédicats
contraires ne peuvent être atttribués à un
même sujet dans le même temps et sous le même
rapport, la logique classique, aristotélicienne a joué
et joue encore un rôle essentiel dans la détermination
des formes de la pensée rigoureuse (ex : il est toujours
aussi inconcevable pour nous de dire qu'un homme est à
la fois blanc et non blanc dans le même temps et sous le
même rapport).
1.2.3 La
logique transcendantale ou logique kantienne
Le philosophe
allemand Emmanuel Kant a dans sa Critique de la raison
pure développé une logique originale qui se
présente comme le système formel auquel toute connaissance
qui entend posséder un caractère objectif et concret
sur le plan de son contenu doit se conformer.
La logique transcendantale définie comme le système
des concepts et des principes auxquels toute pensée doit
se soumettre si elle entend avoir un caractère scientifique
et objectif (le concept doit désigner un objet situé
dans l'espace et dans le temps, susceptible de varier en intensité
et en degré, posséder les qualités d'une
substance qui sont la durabilité et la permanence
).
Logique subjective et purement formelle en apparence, la théorie
kantienne de la connaissance qui se présente comme
un système de l'entendement pur et de la raison
faisant retour sur elle-même pour mieux se comprendre, a
considérablement marqué l'histoire de la pensée
en faisant apparaître le vide théorique des formes
de pensées religieuses et métaphysiques qui tout
en prétendant pouvoir discourir sur des substances telles
que l'âme le monde et dieu ne respecte pas les règles
fondamentales qui seules permettraient d'en parler objectivement.
1.2.4 La
logique dialectique ou logique des contraires
En réaction
à la logique kantienne qu'il trouvait trop restrictive
et trop subjective au sens où elle se limitait à
n'être qu'une théorie des formes de la pensée,(
du cogito, du sujet pensant), le philosophe allemand Hegel
a élaboré une logique objective qui se veut non
pas seulement une théorie des formes nécessaires
de la pensée mais aussi une théorie objective du
développement de tout ce qui est et de tout ce qui devient
(notamment de l'histoire, de l'art
).
Composée de trois temps (le moment de l'affirmation, celui
de la négation et celui de la négation de la négation)
la logique hégelienne se présente de plus comme
un système d'unification des contraires. En cela elle
se différencie de la logique d'Aristote qui par son aspect
statique et fixe essayait d'exclure les propositions contraires
plutôt que de les unifier.
Dans son analyse du processus historique on voit bien se déployer
la logique dynamique et universelle de Hegel : 1 Au moment
( affirmation) où la liberté est la moins grande
(empires moyen-orientaux), succède 2 le moment (négation)
où la liberté est possédée par quelques
uns (cités grecques et république romaine) puis
advient 3 le moment où les hommes sont tous libres (émergence
de l'Etat-Nation au XIX eme siècle).
Comme vous le remarquerez du point de vue de la logique dialectique,
l'histoire se trouve catégorisée en trois moments,
trois périodes distinctes et la troisième période
représente un élément de synthèse
et de dépassement des périodes précédentes
(c'est ce que l'on appelle la " aufhebung ").
1.3 Récapitulatif
sue la notion de logique
La logique
comprise comme système des diverses formes de la pensée
n'est pas moins riche du point de vue de ses applications que
la réflexion métaphysique : elle peut être
aussi bien dynamique que statique, objective que subjective et
la diversité des logiques qui ont été construites
est là pour le prouver.
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