Libéralisme
et collectivisme
Le libéralisme
Plus qu'une théorie politique le libéralisme est
également une conception économique de la gestion
de la production et de l'organisation des rapports sociaux qui
en découlent. Issu de la montée en puissance de
la bourgeoisie à la fin du dix-huitième et au
début du dix-neuvième siècle, la théorie
libérale s'oppose clairement aux conceptions féodales
et proclame que tous les hommes naissent et demeurent libres
et égaux en droit. Elle fait de l'idée de liberté
politique(entendue comme liberté d'expression) ainsi
que de l'idée de liberté économique
(entendue comme liberté de jouissance de sa propriété)
le cur de sa réflexion politique.
Les théoriciens du libéralisme développent
également une conception de la société où
l'homme est représenté comme une simple individu séparé
des autres individus. Ses intérêts sont conçus
comme antagonistes avec ceux des autres hommes. La compétition
est ainsi comprise comme le mode général de gestion
des rapports humains : la concurrence universelle comme le seul
mode possible d'existence.
Attachée à l'idée de liberté mais pas
à celle "d'égalité fondée sur le
partage des ressources existantes", le libéralisme est
très favorable aux personnes qui ont un capital à
faire fructifier mais très défavorable à ceux
qui n'ont rien et qui sont obligés de vendre leur force de
travail dans des conditions misérables. La justification
qu'elle apporte aux contradictions produites par le " marché
libre " tend de ce point de vue à en faire le pur et
simple reflet idéologique du capitalisme.
On peut dire en ce sens du libéralisme politique qu'il est
le reflet du libéralisme économique qui n'est rien
d'autre que l'organisation capitaliste de la production. Il est
à noter également que de nos jours et depuis la révolution
française, le libéralisme va de pair avec les conceptions
républicaines.
Très critiqué par Marx ainsi que par les révolutionnaires
du dix-neuvième et du vingtième siècles, le
libéralisme est aujourd'hui présenté comme
le meilleur système économique et politique existant
mais pour combien de temps ?
La sociale
démocratie ou libéralisme social
Les représentants
de la sociale démocratie se présentent comme les
défenseurs d'un système politique et économique
qui serait la synthèse des revendications sociales des
communistes et de celles des libéraux en matière
économique. Ils affirment qu'il est possible de concilier
les intérêts du marché et de ceux qui possèdent
la réalité des moyens de production avec ceux des
salariés et des citoyens les plus pauvres. C'est autour
de l'idée d'une redistribution partielle des richesses
qu'ils fondent leur croyance en un système social relativement
équilibré : les riches étant censés
partager une part de leur richesse avec les pauvres pour que ceux-ci
ne se montrent pas trop violents, ni ne se révoltent.
Issue de la dissidence avec les penseurs marxistes et communistes
traditionnels, les théoriciens de la sociale démocratie
pronent la conciliation et non pas le combat, l'entente plutôt
que la lutte. Les grands penseurs de la sociale démocratie
(aujourd'hui oubliés) sont des personnes comme Karl Kautsky.
Sur le plan économique, John Mayard Keynes est leur
grand représentant.
Aujourd'hui la plupart des gouvernements européens sont
sociaux démocrates sans que pour autant les problèmes
liés à la pauvreté, à l'exclusion
et à la misère aient été en aucune
manière réglés.
L'ultra-libéralisme
L'ultra libéralisme
représente la version sauvage de la philosophie et du système
libéral. Elle ne se contente pas d'affirmer que la concurrence
imposée par le marché est saine et qu'elle est favorable
à l'épanouissement humain mais elle affirme également
que toute politique sociale où toute intervention de
l'Etat dans le domaine économique est extrèmement
nuisible. Très inégalitaire et source
de multiples problèmes sociaux, la théorie ultra-libérale
est sans pitié pour les pauvres et les plus démunis.
Sa haine de l'Etat comme acteur de la vie sociale n'est rien
d'autre que le reflet de son désir de voir augmenter
considérablement les revenus des personnes les plus riches
(qui ne sont plus taxés dans un univers où l'Etat
est réduit à sa portion congrue).
Les économistes de l'école de Chicago sont les grands
représentants de l'ultra-libéralisme au niveau de
l'organisation de la production. Au niveau politique Ronald
Reagan aux Etats-Unis et Margaret Tatcher en Angleterre,
ont été les grands représentants de l'ultra-libéralisme.
Aujourd'hui George W Bush, se fait le porte parole de cette conception
de l'organisation économique et politique de la société.
Toute l'entreprise de construction de la mondialisation au niveau
planétaire repose également sur cette conception
du monde avec ce que cela comporte comme renforcement des inégalités
et comme capacité d'exclusion, de gâchis sur le plan
de l'existence de millions d'êtres humains.
Le communisme
d'Etat
Théorie
collectiviste et égalitariste la conception communiste
des affaires politiques, se présente avant tout comme une
théorie révolutionnaire de l'organisation sociale
et comme la philosophie la plus opposée au capitalisme
et aux différentes formes de libéralisme.
Elle remet tout d'abord en cause le fait de la propriété
privée et propose de faire de tous les objets produits
la propriété des personnes qui les produisent et
non pas de celles qui les font faire. Pour les théoriciens
du communisme dans sa version orthodoxe, la propriété
doit être publique et non privée. C'est l'Etat
qui se substitue aux particuliers et gère l'organisation
de tous les rapports sociaux, c'est lui qui représente
la masse des producteurs et fait en sorte qu'aucune inégalité
ne soit établie entre eux, c'est lui qui assure la distribution
des biens et des richesses en permettant aux plus pauvres d'avoir
des conditions de vie décentes.
L'Etat possesseur véritable des moyens de production
est censé défendre les intérêts des
prolétaires en empéchant que ne se continue l'exploitation
sauvage dont ceux-ci sont victimes. Il fait d'eux des hommes à
part entière en leur permettant d'être maîtres
de leur propre vie, en empêchant qu'ils soient condamnés
à vendre leur force de travail sur un marché dont
ils ne maîtrisent pas les règles et qui les domine
totalement.
Marx et Engels sont les grands théoriciens de la
philosophie communiste. Révolutionnaires engagés
dans les grands mouvements ouvriers qui ont eu lieu au dix-neuvième
siècle, frappés par la misère où se
trouvait l'ensemble de la classe ouvrière, ils se sont
révoltés contre l'ordre bourgeois et l'oppression
qu'il générait. Leur théorie, exposée
dans des ouvrages comme Le Manifeste du parti communiste, Le
Capital ou l'Anti-Dühring, a considérablement
marqué les révolutionnaires de tous les pays (notamment
au vingtième siècle) et a donné les moyens
à certain d'entre eux de mener le projet communiste à
son terme (Lénine en Russie, Fidel Castro à Cuba,
Mao-Tse-Toung en Chine sont au vingtième siècle
les grandes figures politiques du communisme mondial).
Très dénigrée depuis la chute du système
soviétique et le passage de la Chine à une économie
de marché qui ne dit pas son nom, le communisme demeure
une référence dont se réclament encore aujourd'hui
les révolutionnaires ( Le Sous-Commandant Marcos au Chiapas,
les révolutionnaires colombiens..).
Le communisme
libertaire ou anarchisme
Le régime
anarchiste est celui où n'existe plus aucune forme de domination,
où toutes les hiérarchies sont abolies, où
le pouvoir est totalement décentralisé, où
chaque unité de production est de petite taille et pratique
l'autogestion. (en grec "an " "archè"
signifie sans commandement).
Très égalitaire mais aussi sincèrement attaché
à l'idée de liberté, le communisme libertaire
représente la version non autoritaire du communisme. Elle
proclame le refus de toutes les hiérarchies et de toutes
les formes de répression (notamment celles liées
au pouvoir d'Etat).
En affirmant qu'il n'a ni Dieu ni maître, l'anarchiste
entend se libérer de toutes les contraintes liées
à l'organisation économique, politique et idéologique
que l'on trouve dans les autres systèmes. Pour lui la liberté
authentique réside non pas dans le marché libre
mais dans la disparition de toutes les sources d'inégalité
qu'elles soient économiques (exploitation de l'homme par
l'homme) politiques (création de hiérarchies fonctionnelles
sur le plan administratif) sociale (division de la société
en classes) idéologiques (aliénation dans la religion
où dans différentes sortes de dogmes).
Pour
autant on ne saurait dire qu'il n'y a pas d'ordre dans la conception
et le plan d'organisation anarchiste.En effet un ordre horizontal
lie les gens entre eux à la base et se substitue aux
ordres "verticaux" qui sont mis en place dans les autres
systèmes. Dans l'anarchisme, en effet, il n'y a pas de
place pour la notion de supérieur et d'inférieur
: tous les hommes se trouvent sur le même plan sans distinction
de race, de classe ni de fonction. La démocratie directe
est dans cette perspective la seule forme de démocratie
que puisse reconnaître l'anarchisme.
Proudhon, Kropotkine, Bakounine sont au dix-neuvième
siècle les gandes figures de l'anarchisme et du communisme
libertaire. Sartre à sa manière mais aussi
Marcuse et Wilhelm Reich ont été leurs
continuateurs les plus prestigieux.
Critiqué par les libéraux et par ceux d'entre les
communistes qui ont accordé une trop grande confiance à
l'Etat, le communisme libertaire représente pourtant le
type de gouvernement qui par sa dimension locale et son goût
de la liberté constitue peut-être pour les hommes
une solution d'avenir.
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